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 STORPER-PEREZ Danielle - La folie colonisée

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STORPER-PEREZ Danielle

La folie colonisée

François Maspero - Paris - 1974
(Textes à l'appui / Psychiatrie)
156 p. - 22 x 13,5 cm

Disponibilité éditeur: Epuisé chez l'éditeur.


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 Dans la société traditionnelle wolof, le fou témoignait de la réalité de l’alliance avec les esprits, de la continuité des lignées et des groupes. Il était détenteur potentiel de prestige. En même temps qu’elle renforçait la cohésion sociale et familiale, sa guérison favorisait la circulation du symbolique. Aujourd’hui, la décision d’internement fait éclater les tensions jusqu’alors sous-jacentes entre parents, lignées maternelles et paternelles, hommes et femmes, jeunes et vieux, musulmans et non-musulmans, occidentalisés et traditionalistes, producteurs et non-producteurs. Par l’hôpital, le fou est désormais exclu au nom des rapports hostiles des anciens à la modernité, de l’opposition des générations intermédiaires à l’idéologie des colonisateurs véhiculée par la psychiatrie, des relations ambiguës qu’entretiennent les jeunes avec les idées et valeurs occidentales, de l’image ineffaçable du fou dangereux sécrétée par les hôpitaux de naguère. L’enfermement entraîne irréversiblement le clivage entre normal et pathologique, au détriment de la nécessaire complémentarité entre « malades » et « non-malades » à l’intérieur de la société. L’hôpital devient la zone de gardiennage où les soins sont accessoirement prodigués. Violence coloniale et violence asilaire peuvent avoir disparu. La violence symbolique du leurre vient occuper leur place, qui organise douloureusement la prise en charge du patient.

 Dans la société traditionnelle wolof, le fou témoignait de la réalité de l'alliance avec les esprits et il était détenteur potentiel de prestige. Sa guérison renforçait la cohésion sociale et familiale et favorisait la circulation du symbolique. Aujourd'hui l'internement fait éclater les tensions jusqu'alors restées sous-jacentes entre parents, classes d'âge, lignages, religions  et cultures. Par l'hôpital le fou est désormais exclu au nom des rapports hostiles des anciens à la modernité, de l'opposition des générations intermédiaires à l'idéologie des colonisateurs véhiculée par la psychiatrie, tandis que l'enfermement entraine le clivage entre normal et pathologique au détriment de la nécessaire complémentarité entre malades et non-malades à l'intérieur de la société. Cet ouvrage est dédié au professeur Collomb et à son équipe dakaroise.

Lire le compte-rendu de lecture rédigé par Michèle Dacher et publié dans  Les Cahiers d'Études africaines  Année 1975  58  p. 344

Sommaire:
- Cet hôpital qui fait question
- L'enquête : une violence absurde qui transforme le temps
- Reconstruire la cohérence
- Contacts de société, situation coloniale, une pause théorique
- La faillite de la prise en charge traditionnelle
- Le sujet que dévoilent ses masques
- La manipulation des signifiants culturels
- Meïssa, des uns aux autres
- De la sûre tradition à l'incertaine modernité
- Lexique
- Bibliographie : Sur le Wolof - Sur le Sénégal - Ouvrages cités - Travaux de l'équipe de Fann