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Le 11 janvier 2013, dans une allocution télévisée, le président François Hollande annonçait que la France intervenait militairement pour venir en aide au Mali, alors que des groupes armés qualifiés de terroristes semblaient se diriger vers la capitale, Bamako. Cela marquait le début de l’opération Serval. Quoi de plus proche, en apparence, d’une décision souveraine et individuelle que cette annonce ? Le propos de cet ouvrage, appuyé sur un travail de terrain de plusieurs années (sources ouvertes, archives classifiées, entretiens, prosopographie…), est pourtant à rebours d’une perspective qui prétendrait isoler des moments discrets de la décision en en faisant une substance, saisissable et traçable : il s’attache à déplier ce que sont toutes les conditions plus générales de possibilité d’une entrée en guerre, et à identifier les luttes politiques et bureaucratiques au sein de l’appareil d’État dans lesquelles elle s’encastre. Il entend aussi montrer que l’on peut travailler empiriquement sur les sommets de l’État, fût-ce dans des domaines que l’on imagine verrouillés par le « secret défense », et que les relations internationales relèvent, en cela, du travail ordinaire des sciences sociales.
Introduction. L’intervention française au Mali : rendre problématique une évidence, par Johanna SIMÉANT-GERMANOS, Grégory DAHO et Florent POUPONNEAU
Sur le fétichisme de « la » décision • Une sociologie politique des interventions internationales encastrée dans ses mondes sociaux • « Le seul continent qui soit encore à la mesure de la France » : (dis) continuités postcoloniales et « guerre contre le terrorisme » en Afrique • Serval au Nord Mali : Françafrique ou « unilatéralisme régionalisé » et guerre contre le terrorisme ? • Une enquête collective sur une guerre récente • Organisation de l’ouvrage
Chapitre 1. Une approche non décisionniste de la décision. L’entrée en guerre et l’emprise des contraintes bureaucratiques, par Florent POUPONNEAU
Les ressorts de la domination présidentielle : effets de position, d’institution et d’interaction • Un espace des possibles structuré par l’« histoire faite chose »
Chapitre 2. De quoi le général Puga est-il le cas ? par Johanna SIMÉANT-GERMANOS et Aimé PIERRE
Benoît Puga, le nom d’un récit cryptique et personnalisé quant au rôle de l’armée • Un saint-cyrien au fort prestige combattant, et une confirmation de l’héritage des armées d’Afrique • Une combinaison de ressources complexes en deuxième partie de carrière
Chapitre 3. La guerre de cabinet. Rééquilibrage des relations politico-militaires au sein du ministère de la Défense, par Grégory DAHO
Division du travail et cooptation • Un trio de réformateurs « pré-positionnés » • Trois leviers d’un programme de rééquilibrage • Les conditions d’un retour à la pratique « normale »
Chapitre 4. Quand la diplomatie sert à faire la guerre, par Florent POUPONNEAU, Alice COUTEREEL, Mathilde BEAUFILS et Salomé MONTINI
Un alignement sur la ligne présidentielle • Des diplomates marginalisés
Chapitre 5. Le budget « Opex ». Un analyseur des luttes bureaucratiques au sein de l’État en situation de contrainte budgétaire, par Benjamin MÉNARD,
Cyprien ROUSSET, Pacôme SÉBASTIEN et Johanna SIMÉANT-GERMANOS
De l’exceptionnel à l’extérieur : la montée en puissance des Opex dans le budget de la défense • Ce que (sur)coûte une guerre, et qui est habilité à l’estimer • Le ministre de la Défense, les jeux de l’interministériel et de l’insincérité
Chapitre 6. Le consensus interventionniste à l’Assemblée nationale. Éléments pour l’analyse d’un conformisme parlementaire, par Gael AULNETTE
et Assia HADJ-AHMED
La formation du consensus interventionniste • Les raisons du ralliement au consensus
Chapitre 7. Être blacklisté au Mali. Des journalistes dissidents dans le giron de l’armée ? par Jonathan MICHEL
La proximité avec les militaires et la structuration du champ médiatique • Une porosité intersectorielle contrôlée et encadrée • Une socialisation commune sur le terrain malien
Dossier 1. Les images d’une « guerre sans images ». Le traitement télévisuel de l’intervention, par Flore CATALA avec Johanna SIMÉANT-GERMANOS
Une « guerre sans images » ou des images sans combats ? Cartes, exploit logistique et liesse, ou trois manières d’illustrer l’intervention au Mali • « On inflige beaucoup de dégâts à ces rebelles islamistes » : mettre en scène et en valeur l’armée française
Chapitre 8. Faire la guerre au-dessus de ses moyens. Les enseignements structurels de l’intervention, par Florent POUPONNEAU
Une autonomie conjoncturelle, des contraintes structurelles • Compenser la faiblesse des ressources par la prise de risque et la rusticité • Un ennemi à sa portée
Dossier 2. La carrière, le prestige et le « capital combattant » Ce que fait Serval aux officiers, par Coumba TOBE
Chapitre 9. Devenir « Mort pour la France ». La reconnaissance des pertes militaires au Sahel, par Margot LEGAL
Les pertes militaires, un marqueur des transformations de la présence française au Sahel • Devenir « Mort pour la France » au Sahel : reconnaissance de l’engagement et cadrage du sens de l’intervention
Dossier 3. Quand l’assistant militaire d’un général met en récit la violence de Serval, par Luc BRUNIQUEL
Conclusion
Notes
Bibliographie
Les contributeurs


