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Associer les mots " imaginaire " et " juridique " peut sembler une idée étrange. Pourtant l'imaginaire juridique africain présente un double intérêt, celui de dévoiler un corpus nouveau de représentations qui témoignent d'une vision plurielle du droit ; et celui de nous interroger nous, Occidentaux, sur notre propre vision du droit et sur nos comportements juridiques. A travers l'imaginaire juridique d'Africains en situation d'immigration, l'auteur de ce livre observe et analyse la confrontation et les combinaisons possibles de deux logiques : l'une, fondée sur un ordre négocié issu de la coutume et l'autre, fondée sur un ordre imposé issu de la loi étatique des pays d'accueil des migrants d'Afrique noire. Il apparaît ainsi que les Africains immigrés en France utilisent la logique du droit étatique en la réinterprétant. Ils ont choisi d'être les acteurs de leur propre devenir. Les Africains immigrés au Québec sont trop peu nombreux, trop jeunes et trop dispersés, pour parvenir à mettre au point des stratégies juridiques cohérentes de résolution des conflits et pour l'accès au droit de la société d'accueil. Ils sont pour l'instant dans une situation d'attente. Dans les communautés africaines immigrées, le dynamisme social est dépendant de la composition même de la communauté, dans la mesure où celle-ci est suffisamment diversifiée pour permettre la reproduction des structures d'origine, des statuts qui s'y rattachent en y intégrant les décalages rendus nécessaires par l'interaction avec la société de résidence. L'emprise de traditions fortement structurées est contrairement à l'intuition que l'on peut en avoir, un gage d'adaptabilité dans la mesure où, animées par des pocessus souples et pluriels, ces traditions permettent l'incorporation, le métissage ou le détournement de procédures étrangères et des logiques juridiques qui les gouvernent.


