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Depuis la fin des années 1990, l'Afrique du Sud est le théâtre régulier de protestations, qui basculent parfois dans la violence. Elles viennent rappeler les manquements à la " vie meilleure pour tous " pourtant promise par l'African National Congress (ANC) au sortir de l'apartheid. Cette enquête nous conduit au cœur de ce mécontentement, dans les rangs d'un mouvement de pauvres dénonçant leurs mauvaises conditions de vie. Elle le fait de façon quelque peu inhabituelle en privilégiant, au bruit des manifestations, l'ordinaire de la vie sociale des militants, de leurs proches et des habitants des quartiers populaires d'une ville moyenne.
Une telle démarche permet de redonner un peu de leur épaisseur à des notions aussi fondamentales que la quête de reconnaissance, la souffrance sociale ou la dignité. S'aventurer dans le quotidien de ces femmes et de ces hommes, dans une intimité où affleurent leurs attentes et déceptions, autorise surtout à porter un autre regard sur la " nation arc-en-ciel " ; un regard sensible au fait que, trente ans après l'avènement de la démocratie, l'entrelacement de la pauvreté et de la race ne s'est toujours pas desserré.
Jérôme Tournadre est chargé de recherche au CNRS depuis 2009, HDR en 2017. Ses travaux portent principalement sur les liens qui se tissent entre l’engagement et ce qui compose les univers familiers et proches des militants (vie intime et quotidienne, conditions de vie, attachement à un lieu, etc.).Après dix années consacrées aux « mouvements de pauvres » en Afrique du Sud post-apartheid, il s’intéresse désormais à des expérimentations utopiques ambitionnant de dessiner un « futur différent ». Il a été directeur adjoint de l’Institut des Sciences Sociales du Politique (ISP) de 2014 à 2018.


